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Simon Dufour une reconversion toute trouvée avec SWIIIM

C'est toujours un plaisir d'avoir Simon DUFOUR et Sarah au téléphone ou par mail, très positifs et toujours dans une dynamique de progression, d'apprentissage, comme quoi même à la retraite on peut rester frais ! Merci à Simon d'avoir pris le temps de répondre à mes questions sur SWIIIM.

Simon, peux-tu te présenter ? Ton parcours sportif...

Je suis un ancien athlète de haut niveau en Natation. J’ai participé à 3 olympiades (Sydney, Athènes, Pékin) et j’ai été 3ème aux championnats du monde et 17 fois Champion de France, recordman de France également. En parallèle, j’ai validé une Licence STAPS (management du sport) et suis titulaire d'un Master à Montpellier Business School.

À la suite de ma carrière sportive, j’ai travaillé pendant 8 ans chez Arena France au service marketing et commercial. J’ai toujours eu dans un coin de ma tête l’idée de monter ou de détenir ma propre boite.

Simon, peux-tu nous présenter Swiiim ? (date de création, équipe…)

Swiiim est une société de distribution d’articles de sport dédiés à la pratique de la natation. Nous vendons des produits à forte valeur ajoutée pour des pratiquants réguliers et intensifs.

Nous utilisons trois canaux de distribution :

  • Le web sur swiiim.fr, 
  • Les événements sportifs où nous nous déplaçons pour tenir des boutiques éphémères,
  • Le partenariat avec les clubs à qui nous proposons des produits marqués à l’image du club et des tarifs préférentiels à tous les adhérents.

Swiiim à été créée en 2016 par ma compagne avec qui nous avions ce projet en commun. Elle n’avait pas du tout l’âme de l’entrepreneur, ce qui lui a fait peur, mais elle s’en est parfaitement sortie. Je l’ai rejoins 6 mois plus tard, comme nous l’avions programmé. C’est une aventure commerciale mais nous avions envie de construire cela ensemble et d’en faire une affaire familiale.

Nous sommes très complémentaires dans nos acquis et dans notre manière de fonctionner. Nous avons confiance l’un envers l’autre sur les compétences que nous avons.

Nous faisons souvent un parallèle entre entrepreneuriat et sport de haut niveau... est-ce que pour toi ça y ressemble ?

Ça y ressemble à bien des points de vues… Le point commun le plus évident reste la prise de risque. En simplifiant beaucoup les choses, le sport de haut niveau est un pari et une prise de risque perpétuelle. À chaque compétition, le sportif, l’équipe, l’entraineur remettent en jeu leurs statuts pour se mesurer de nouveau aux autres.

L'entrepreneur prend le risque de perdre, d’être ridicule parfois, de devoir se remettre en question, de devoir tout arrêter pour tout recommencer. La récompense peut être la victoire mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg que peut percevoir l’entourage.

"Avec le peu de recul que j’ai, l’entrepreneuriat peut être parfois aussi violent qu’une contreperformance ou qu’une disqualification."

Sportif, on ne se rend pas toujours bien compte d’être acteur de notre avenir en fonction des choix que nous faisons, mais il faut s’adapter sans cesse aux résultats, aux aléas et réagir vite. On commence jeune en général et l’équipe, si importante autour, se construit parfois naturellement. Les structures sont souvent existantes.

Mais tous les jours, l’athlète fait des choix et travaille pour être le plus performant possible. Il s’entoure d’une équipe qui l’aide à atteindre un objectif et à prendre des décisions avec lui.

L’épée de Damoclès du sportif est la blessure, la contreperformance, l’arrêt de carrière forcé.

Entreprendre est la même approche selon moi. C’est prendre le risque de commencer une aventure et de devoir la terminer du jour au lendemain. Le risque est tout autre qu’être salarié. L’entrepreneur choisi son équipe (au début il est même seul), et il la façonne à son image avec ses propres objectifs. En cas de non réussite, la sanction est la même que pour le sportif de haut niveau. Il y a peu de place à l’erreur, d’où cette notion de risque.

Avec le peu de recul que j’ai, l’entrepreneuriat peut être parfois aussi violent qu’une contreperformance ou qu’une disqualification.

Le regard des autres est aussi le même sur l’entrepreneur que sur le sportif. Il y a cette sorte de respect et de fantasme de l’Homme libre "qui fait ce qu’il a envie" et qui réussit sa vie tout seul, comme pour le sportif en quelques sortes, c’est la belle vie…

Même si c’est très idéalisé. Et comme pour le sportif, beaucoup attendent aussi que tu ne réussisses pas.

Après avoir nagé tant d'années... tu en avais pas ras-le-bol des maillots de bain ? Qu'est-ce qui t'a pris de t'investir là dedans ?

Je suis dans un monde que j’aime et qui m’a façonné (le monde sportif, la natation en particulier). C’est peut-être par facilité que je reste dans le monde de la natation mais mon premier travail m’a appris le commerce ainsi que toutes les bases de mon activité actuelle.

Une des facilités est que je suis reconnu par mes résultats passés. Mon réseau est un atout et c’est celui que je côtoie depuis 20 ans déjà. Mais il faut ensuite satisfaire les clients. Il faut aussi casser les clichés du sportif pour être à la hauteur de l'entrepreneur.

Comment faites-vous face à la concurrence acharnée sur ce secteur ? Quel est votre avantage concurrentiel ?

Quand la concurrence est importante il faut se différencier. Je ne souhaite pas le faire par le prix, alors je le fais par le service.

Lorsque je travaille avec un club, je souhaite le décharger du travail de l’équipement au maximum, et je fais tout pour qu’il fasse son métier (former, entrainer, etc.) et moi le mien. Il ne me demande pas de venir entrainer ses nageurs? Alors je ne lui demande pas de vendre mes maillots. Par contre, si il me demande de me différencier par le prix, alors je suis la mauvaise personne. D’autant qu’en Europe, d’autres pays sont moins taxés, donc plus agressifs. En effet la concurrence est vive.

Comment financez-vous ou avez-vous financé votre démarrage ?

Avec un apport personnel, un prêt à taux zéro et un prêt bancaire ensuite. Les aides à la création sont quand même fortes en France. Ensuite les possibilités de financements sont tout de même très orientées vers l’éco-responsable ou les nouvelles technologies, nous ne sommes pas catalogués dans ces catégories.

Votre plus grosse difficulté jusque-là ?

Faire face à de grosses progressions. Cela ne laisse pas le temps à l’adaptation. Quand on grandit vite, la qualité de travail se détériore rapidement jusqu’à ce qu’on puisse s’adapter enfin à cette nouvelle situation. J’ai appris à mes dépends que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne rassurait pas du tout les partenaires financiers.

Quelle est l’actualité de Swiiim ?

L’arrivée d’un nouveau collaborateur qui nous aide beaucoup. Il apporte fraicheur, main d’oeuvre et idées. Nous souhaitons nous développer rapidement tout en maitrisant au mieux ce développement, quoi de mieux que des nouvelles personnes pour ça ?

Merci Simon et Sarah,

@remifructus

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